Quelles chances pour une sortie de crise après le report du scrutin du 16 février ? (Par Moussa Daraba)


04 Feb

C’était attendu comme un messie; ce décret du chef de l’État qui reporte les élections législatives du 16 février au 1er Mars 2020. L’annonce a été faite sur les antennes de la RTG. Que changera cette décision du président Alpha Condé à la configuration socio-politique actuelle de la Guinée, qui est plus qu’électrique?

Tous les regards étaient braqués sur SékouTouréya depuis plusieurs jours. Les appels au calme et à la désescalade se sont multipliés, notamment ceux des saints et pieux et le président de la République a fini par y réagir. Les élections sont repoussées par le pouvoir de Conakry, mais à seulement deux semaines d’intervalle. Une projection qui laisse un goût d’inachevé et donne une maigre chance à la tenue d’un dialogue franc et sincère entre le président et ses opposants. Pour dialoguer, il faut du temps et des acteurs. La mobilisation de ces derniers pour répondre avec minutie à toutes les préoccupations posées sur table, exige une dose de patience. “Une élection mal organisée ne vaut pas mieux qu’une élection bien organisée tardivement”

Les griefs de ceux-ci portent sur la révision du fichier électoral, le référendum, l’installation des conseils de quartier et de district, le Changement du président de l’organisme électoral, déjà amputé de quelques sept commissaires, qui se sont retirés du processus. En deux semaines, par quels miracles ces problèmes seront-ils résolus?

L’opposition guinéenne avait tout de même manifesté la semaine dernière son ouverture au dialogue avec le camp d’en face, tout en suspendant son mot d’ordre d’appel à la “résistance active et permanente“. Elle a juré que si toutes les conditions de transparence sont garanties, elle ira à ces élections pour renouveler son bail avec les électeurs guinéens.

L’annonce faite ce soir était attendue dans l’espoir qu’elle contribuerait assurément, à apaiser les vives tensions qui étaient sur la voie de conduire la Guinée vers un destin confus. Un avenir qui laisse transparaître les fumées suspectes de conflits aux relents communautaristes.

La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir, si ce report donnera une chance à un dialogue réel des différents protagonistes, en vue de la résolution définitive d’une crise qui aura asphyxié tout un peuple pendant des mois et des mois. Éviter en effet, un quelconque ajournement et permettre aux guinéens de passer définitivement à autre chose.


Daraba Moussa

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